Coffrage dalle béton : méthodes pro et erreurs à éviter

Vous rêvez d’une dalle béton bien plane, qui ne fissure pas et qui reste d’équerre au décoffrage ? Rien d’impossible ! Avec une méthode un peu rigoureuse — mais pas sorcière — on obtient un résultat propre, même lorsqu’on travaille sur un terrain en pente. Suivez le guide « zéro défaut » : de l’étude de sol aux finitions, chaque étape est décortiquée.

Au menu : les exigences du DTU 13.3, le bon dosage, l’épaisseur idéale, le coffrage sur terrain incliné, les pièges classiques… et quelques astuces pour alléger la facture sans sacrifier l’écologie.

Sommaire

1. Coffrage d’une dalle béton : rôle, normes et bases indispensables

Pourquoi se donner la peine de coffrer ?

Le coffrage, c’est le moule qui façonne la dalle et maintient le béton jusqu’à ce qu’il durcisse. Il doit :

  • Résister à la poussée du béton sans se bananer.
  • Garder la forme prévue, avec la bonne épaisseur et la pente exacte.
  • Rester étanche pour que la laitance ne s’échappe pas (sinon, bonjour les nids de gravier).

Coffrer à la va-vite, c’est souvent synonyme de dalle déformée, d’arêtes qui s’égrènent et de fissures à peine la première saison passée. Un temps « gagné » qu’on regrette longtemps.

Petit détour par la norme DTU 13.3 et les classes d’exposition

Dès que l’ouvrage est à l’extérieur — terrasse, allée carrossable, entrée de garage — on se réfère au DTU 13.3 et aux classes d’exposition définies par EN 206/CN :

  • XC1 : ambiance intérieure sèche (garage fermé, cave ventilée).
  • XC2 à XC4 : béton soumis à l’humidité, à la pluie, voire au gel/dégel (cas le plus courant pour une terrasse).

En pratique, on vise un béton C25/30 adapté à la classe XC3 ou XC4 pour tenir dehors sans broncher.

Les grandes étapes, en un clin d’œil

Un coffrage nickel se déroule, grosso modo, comme suit :

  • Étude du terrain puis décaissement.
  • Mise en place d’un hérisson drainant et compactage.
  • Mise à niveau au laser, réglage de la pente.
  • Montage du coffrage et de ses renforts.
  • Pose du polyane et du treillis soudé.
  • Coulage, vibration, réglage, lissage.
  • Cure, décoffrage, finitions.

2. Étude et préparation du terrain : la moitié du travail

Analyse du sol, drainage et profondeur de décaissement

Couler directement sur la terre ? Mieux vaut oublier si l’on veut que ça dure.

  • Identifier le sol : terre végétale, limon argileux, remblai meuble… tout ce qui est instable doit disparaître ou être compacté.
  • Assurer le drainage : légère pente pour l’écoulement, voire drain périphérique sur terrain très argileux.
  • Décaisser : 20 à 40 cm pour loger hérisson, dalle et futur revêtement.

Décapage, hérisson et compactage : trio gagnant

Un support soigné, c’est une dalle tranquille :

  • Décapage : on enlève végétaux et matières organiques.
  • Hérisson drainant : 10 à 20 cm de grave 20/40 ou de concassé pour bloquer l’humidité.
  • Compactage : couche par couche à la plaque vibrante jusqu’à ce que le pied ne s’enfonce plus.

Laser et contrôle de pente

Le laser rotatif reste la méthode la plus sûre pour ajuster ses niveaux. Sur une terrasse, prévoyez une pente de 1 % à 2 % (1 à 2 cm par mètre) vers l’extérieur.

  • Piquets d’implantation aux quatre coins.
  • Repères de hauteur au laser ou au niveau à eau.
  • Cordeaux tendus à la cote finie, pente comprise.

3. Matériel, outillage et matériaux : la checklist sans trou

Planches ou panneaux ? Bois, métal, PVC…

Pour le coffrage, plusieurs options :

  • Planches de bois (27–32 mm) : économique, facile à découper, mais à protéger de l’humidité.
  • Banches métalliques : solides, réutilisables, idéales sur grands volumes.
  • Profils PVC : légers, pas peur de la pluie, réemployables.

Si l’idée est de réutiliser, pensez bois traité ou contreplaqué filmé, ou encore profils PVC/métal que vous démonterez pour un prochain chantier.

Outils indispensables 

Sans vouloir tout détailler au millimètre, assurez-vous d’avoir :

  • Piquets, cordeaux, niveau laser et niveau à bulle.
  • Scie, visseuse, vis autoperceuses, clous.
  • Serre-joints, étais, piquets de butée.
  • Brouette, pelle, râteau, dame ou plaque vibrante.
  • Règle alu (2 m mini), ou règle vibrante sur grande surface.
  • Taloche, lisseuse, truelle, balai de finition.
  • Bétonnière ou accès toupie, plus un tuyau d’arrosage.

Dosage, résistance et volume de béton

Pour l’extérieur, on retient en général :

  • C25/30 en classe XC3/XC4.
  • Dosage béton à la bétonnière : au moins 350 kg de ciment/m³, granulats 0/16 ou 0/20, rapport eau/ciment ≤ 0,55.

Repère de dosage par m³ :

  • C20/25 : ~300 kg ciment + 1 050 kg gravier + 750 kg sable.
  • C25/30 : ~350 kg ciment + 1 050 kg gravier + 750 kg sable.
  • C30/37 : ~400 kg ciment + 1 050 kg gravier + 750 kg sable.

Volume ? Longueur × largeur × épaisseur. Exemple : 5 m × 4 m × 0,12 m = 2,4 m³.

4. Monter le coffrage pas à pas

Implantation et traçage

On commence par donner la forme définitive :

  • Piquets aux angles.
  • Cordeaux à la hauteur finale.
  • Contrôle des diagonales pour s’assurer que le rectangle est… rectangulaire.

Assemblage, mise à niveau, renforts

Les planches se fixent côté extérieur de la dalle :

  • Assemblage vis ou clous.
  • Contrôle du niveau supérieur à la bulle ou au laser.
  • Butées tous les 50 à 80 cm, avec renforts (étais) si nécessaire.

Un test simple : poussez sur la planche. Si ça bouge, on ajoute un renfort.

Coffrer sur pente ou sol irrégulier

Pente prononcée ? Deux solutions :

  • Créer des marches successives.
  • Ajuster chaque planche au laser pour garder une épaisseur constante.

Sur le bas de la pente, attachez tout solidement : la poussée du béton sera plus forte. Sol bosselé ? Mieux vaut reprofiler et recompacter plutôt que jouer sur la hauteur des planches.

5. Ferraillage et derniers préparatifs

Film polyane et cales

Avant le treillis :

  • Déroulez le polyane, faites remonter légèrement sur les bords.
  • Recouvrement de 10 à 20 cm, scotch si besoin.
  • Cales en plastique pour surélever l’acier de 3–4 cm.

Objectif : limiter l’humidité ascendante et éviter que le sol boive l’eau du béton.

Treillis soudé et attentes

  • Treillis adapté — ST25C pour une terrasse classique.
  • Recouvrement d’au moins une maille (≈20 cm).
  • Treillis maintenu à mi-épaisseur grâce aux cales.
  • Prévoir des attentes si la dalle sera reliée à un mur ou à un poteau.

Joints de dilatation et réservations

  • Profilés de joint (mousse, PVC) sur grande longueur.
  • Joint de rupture contre les constructions existantes.
  • Réservations pour gaines, évacuations, platines, avant le coulage : ensuite il sera trop tard.

6. Couler, vibrer, lisser : la phase sensible

Toupie, bétonnière ou pompe ?

Tout dépend du volume et de l’accès :

  • Toupie : au-delà de 2 m³, rapide, dosage garanti.
  • Bétonnière : pratique pour petite dalle, mais demande de la constance dans le dosage.
  • Pompe à béton : quand le camion ne s’approche pas suffisamment.

Sur un terrain en pente, on commence par le point bas : on limite ainsi la poussée sur le coffrage.

Vibration et réglage

Pour chasser l’air :

  • Aiguille vibrante ou, faute de mieux, règle vibrante.
  • On vibre brièvement à chaque zone pour éviter la ségrégation.

Puis on règle :

  • Règle alu posée sur les bords ou des guides.
  • On tire, on complète les manques, on enlève l’excès.
  • Dès que le béton « tire », passage à la taloche pour fermer la surface.
  • Finition antidérapante ? Un simple coup de balai en fin de prise.

Prise, cure et météo

La météo dicte souvent le tempo :

  • Chaleur ou vent fort : risque de dessèchement — bâche et arrosage léger pendant 3 à 7 jours.
  • Pluie : on bâche sans toucher le béton frais.
  • Gel : on reporte si la température tombe sous 5 °C, à moins d’avoir les moyens de chauffer.

7. Décoffrage, finitions, pièges à éviter

Décoffrer au bon moment

En règle générale :

  • Décoffrage après 24 à 48 h selon la température.
  • Circulation piétonne possible dès 48 h, mais la résistance nominale ne sera atteinte qu’au bout de 28 jours.

Pour retirer les planches : on dévisse, on dégage, on passe si besoin un burin plat pour décoller sans casser l’arrête.

Traitements de surface

  • Hydrofuge : limite l’absorption d’eau et les taches.
  • Durcisseur ou quartz : saupoudré puis taloché, augmente la résistance à l’usure — utile pour une allée carrossable.
  • Perçages et scellements ? Attendre au moins une semaine.

Sept erreurs qu’on voit encore trop souvent

  • Oublier l’huile de décoffrage : bonjour le coffrage collé.
  • Sous-dosage en ciment : dalle qui s’effrite.
  • Pas de joints : fissures garanties.
  • Support mal compacté : tassement puis fissures.
  • Épaisseur trop faible : 12 cm mini en piéton, 15 cm pour un véhicule léger.
  • Pente mal gérée : eau stagnante et glissades.
  • Décoffrage ou circulation trop précoces : arêtes cassées, microfissures.

8. Épaisseur, dosage, budget : pas de surprise

Terrasse béton : quelles valeurs cibler ?

  • Épaisseur : 12 cm pour une terrasse piétonne, 15 cm pour une allée carrossable légère.
  • Dosage : béton C25/30, ~350 kg ciment/m³, granulats 0/16 ou 0/20, treillis ST25C.

Budget global : un ordre d’idée

Selon la surface, l’épaisseur, le béton choisi et le matériel loué :

  • Béton prêt à l’emploi : 120 à 180 €/m³.
  • Ferraillage : 3 à 7 €/m².
  • Coffrage : 5 à 15 €/m linéaire, amortissable sur plusieurs chantiers.
  • Location d’outillage : 30 à 80 €/jour.

Calcul flash :
Budget ≈ (volume béton × prix) + (surface × ferraillage) + (périmètre × coffrage) + location.

Exemple : terrasse 20 m², ép. 12 cm (≈ 2,4 m³) — béton 360 €, ferraillage 100 €, coffrage 100 €, location 80 € → total autour de 640 à 750 €.

Un coffrage plus vert, c’est possible !

  • Bois FSC/PEFC et réemploi systématique.
  • Béton bas-carbone (ciments CEM III, laitier, fillers) si disponible.
  • Recyclage des planches en mobilier de jardin ou paillage.
  • Pas de surépaisseur inutile grâce à un nivellement précis.

Conclusion : la recette d’une dalle béton sans faux-pas

Un terrain soigneusement préparé, un coffrage rigide et parfaitement réglé, un béton bien dosé et vibré, des joints et une cure soignés : ces quatre piliers garantissent une dalle durable. Avant de passer commande, faites votre liste de matériel, calculez le volume de béton et prévoyez une journée de coulage sans interruption. Suivez le plan, prenez le temps aux bonnes étapes, et vous profiterez d’une dalle solide, parfaitement plane et prête à accueillir terrasse, abri ou allée — sans mauvaises surprises.

Questions fréquentes sur le coffrage d’une dalle béton

Comment coffrer une dalle béton ?

Pour coffrer une dalle béton, installez des planches ou des banches métalliques autour de la zone, fixez-les solidement avec des piquets, et vérifiez les niveaux et la pente avec un laser. Le coffrage doit être étanche et résistant à la poussée du béton.

Quelles sont les étapes du coffrage d’une dalle en béton ?

Les étapes incluent le décaissement, la mise en place d’un hérisson drainant, le montage du coffrage, la pose d’un polyane et d’un treillis soudé, le coulage du béton, puis le décoffrage après durcissement.

Peut-on couler une dalle béton directement sur la terre ?

Non, il est déconseillé de couler une dalle béton directement sur la terre. Il faut d’abord décaisser, poser un hérisson drainant et compacter le sol pour assurer la stabilité et éviter les fissures.

Comment éviter que le ciment colle au coffrage ?

Pour éviter que le ciment colle au coffrage, appliquez une huile de décoffrage sur les planches ou les banches avant de couler le béton. Cela facilite le décoffrage et protège les matériaux.

Quel matériau utiliser pour un coffrage durable ?

Pour un coffrage durable, privilégiez des banches métalliques ou des profils en PVC. Ces matériaux sont solides, réutilisables et résistants à l’humidité, contrairement aux planches de bois non traitées.

Quelle pente prévoir pour une dalle béton extérieure ?

Pour une dalle béton extérieure, prévoyez une pente de 1 % à 2 %, soit 1 à 2 cm par mètre, orientée vers l’extérieur pour assurer un bon écoulement des eaux de pluie.

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