La saison froide arrive et, avec elle, la même question revient : pourquoi la note d’électricité grimpe-t-elle à toute vitesse ? La réponse tient souvent en quatre petites heures, celles qui s’étirent de 18 h à 22 h. À ce moment précis, la demande explose, le prix du kilowattheure suit la même courbe, et votre chauffage devient soudainement un luxe. Bonne nouvelle : comprendre le phénomène et ajuster vos habitudes suffit déjà à faire fondre la facture.
Pourquoi le créneau 18 h-22 h fait dérailler le total de votre facture ?
Chaque soir, quand les bureaux se vident et que les familles rentrent chez elles, la consommation nationale augmente de près de 25 % en moins d’une heure. La lumière s’allume, on prépare le repas, on lance une lessive ; ajoutez à cela un chauffage électrique qui redouble d’efforts pour compenser la baisse de température extérieure, et vous obtenez le fameux pic de consommation. Cette surchauffe du réseau se traduit par :
- Un coût moyen du kilowattheure jusqu’à 35 % plus élevé qu’en dehors du pic.
- Un risque accru de tensions sur le réseau, pouvant mener à des coupures locales.
- Une facture d’hiver pouvant grimper de 80 € à 150 € pour un appartement de 70 m² mal isolé.
La nouvelle organisation des heures creuses : ce qui change pour vous
Depuis novembre 2025, la répartition des heures creuses a été revue pour lisser la demande. Concrètement, chaque foyer bénéficie toujours de huit heures à tarif réduit, mais leur emplacement dans la journée évolue selon la saison :
- 23 h – 7 h : bloc nocturne de cinq à six heures quasi garanti, hiver comme été.
- 11 h – 17 h : jusqu’à trois heures supplémentaires, surtout entre avril et octobre lorsque la production solaire bat son plein.
Près de 11 millions de foyers sont déjà passés sous ce nouveau régime, et l’ensemble du territoire suivra d’ici 2027. Ceux qui n’ajustent pas leurs usages voient apparaître sur leur facture un surcoût moyen de 12 % la première année.
Programmer son chauffage : le meilleur allié pour votre portefeuille
L’idéal est de laisser vos radiateurs électriques travailler pendant les heures creuses pour stocker la chaleur ou maintenir la température, puis de réduire l’intensité lors du pic. Quelques astuces :
- Thermostats connectés : réglez-les pour une température de 19 °C au cœur de la nuit et 17 °C entre 18 h et 22 h ; le confort reste correct, et la baisse de 1 °C représente environ 7 % d’économie d’énergie.
- Accumulation de chaleur : si vous avez des radiateurs à inertie ou un plancher chauffant, chargez-les la nuit pour restituer la chaleur en début de soirée.
- Isolement des pièces inoccupées : fermez portes et volets avant 18 h pour limiter les déperditions et retarder l’allumage à pleine puissance.
Exemples chiffrés : combien pouvez-vous vraiment économiser ?
- Appartement 45 m² : décaler le fonctionnement du chauffage principal de 19 h à 23 h permet de gagner jusqu’à 90 € par an.
- Maison 100 m² avec ballon d’eau chaude de 200 L : programmer le chauffe-eau en heures creuses réduit la dépense annuelle de 140 kWh, soit environ 35 €.
- Foyer équipé d’un véhicule électrique : passer la recharge nocturne évite un surcoût de près de 120 € pour 15 000 km parcourus.
Que faire en hiver quand la nuit est longue ?
Entre novembre et mars, la production solaire chute, et les heures creuses diurnes disparaissent presque totalement. Pour rester au chaud sans exploser votre budget :
- Privilégiez les usages lourds – chauffage, sèche-linge, lave-vaisselle – après 23 h.
- Investissez dans des rideaux thermiques et calfeutrez les ouvertures ; vous pouvez économiser jusqu’à 60 kWh par mois.
- Appliquez la « stratégie 30 minutes » : éteignez le chauffage une demi-heure avant le coucher, l’inertie thermique du logement suffira à conserver la chaleur.
Les petits gestes qui font la grande différence
Au-delà des plages horaires, une multitude d’éco-gestes réduisent la consommation :
- Aérer rapidement : dix minutes suffisent pour renouveler l’air sans refroidir les murs.
- Dépoussiérer les radiateurs une fois par mois : 1 mm de poussière, c’est 7 % de rendement en moins.
- Installer un réflecteur thermique derrière les radiateurs : jusqu’à 15 % de chaleur renvoyée dans la pièce plutôt que dans les murs.
- Réduire la température des pièces peu occupées (14-16 °C recommandés dans les chambres).
En cumulant ces pratiques simples avec une bonne utilisation des heures creuses, un foyer moyen peut espérer économiser entre 150 et 300 € par an sans sacrifier son confort.
En conclusion : maîtrisez l’horloge pour dompter votre consommation
Le secret pour éviter les mauvaises surprises se résume à une stratégie : chauffer au bon moment. En déplaçant vos usages vers les périodes où l’électricité est moins chère et le réseau moins sollicité, vous réduisez vos dépenses tout en contribuant à la stabilité énergétique nationale. Alors, ce soir, avant d’augmenter le thermostat, souvenez-vous : chaque degré, chaque minute et surtout chaque créneau horaire compte.