À l’heure où les températures chutent et où chaque kilowatt compte, il est tentant de chercher des solutions simples et peu coûteuses pour conserver la chaleur dans son logement. Fermer ses volets durant la journée figure parmi ces gestes de bon sens que l’on pratique souvent sans mesurer l’ampleur des bénéfices. Au-delà du confort immédiat, cette habitude peut alléger la facture énergétique, prolonger la durée de vie des menuiseries et même réduire notre impact environnemental. Décryptage complet et conseils pratiques pour exploiter tout le potentiel de vos volets.
1. Pourquoi fermer ses volets en journée ?
Lorsqu’il fait froid dehors, les parois vitrées deviennent l’un des principaux ponts thermiques d’une habitation. Selon plusieurs organismes spécialisés, jusqu’à 25 % des déperditions de chaleur proviennent des fenêtres. En créant une barrière supplémentaire, les volets limitent les échanges thermiques entre l’intérieur chauffé et l’air glacial extérieur.
- Effet bouclier : un volet fermé ajoute une lame d’air isolante d’environ 2 cm entre la vitre et lui, réduisant la transmission de froid.
- Diminution des infiltrations : joints fatigués ou menuiseries datées laissent souvent passer de petits courants d’air. Le volet comble ces interstices.
- Protection mécanique : neige, pluie battante ou vent violent frappent d’abord le volet, épargnant ainsi le châssis et la vitre.
2. Zoom sur l’isolation thermique : chiffres à l’appui
Fermer les volets peut réduire les pertes de chaleur de 15 % à 25 % selon le matériau et l’ajustement ; un volet en PVC isolé affiche une résistance thermique (R) jusqu’à 0,22 m²·K/W, contre 0,10 m²·K/W pour un volet battant en bois basique. Sur une maison chauffée au gaz dépensant 150 € par mois en plein hiver, cette économie représente jusqu’à 37 € mensuels, soit près d’un demi-mois de chauffage offert chaque saison.
3. Impact sur la consommation énergétique et le budget
En agissant comme une couche isolante supplémentaire, les volets abaissent la quantité d’énergie nécessaire pour maintenir une température intérieure stable. Sur une année complète, un foyer de 100 m² peut économiser 350 kWh à 600 kWh, équivalant à :
- plus de 50 € d’électricité (tarif bleu)
- ou environ 40 m³ de gaz naturel
À l’échelle de plusieurs hivers, ces économies compensent largement le coût d’un remplacement de volets vieillissants.
4. Gérer la lumière naturelle sans perdre en chaleur
Fermer les volets ne signifie pas vivre dans la pénombre. La stratégie idéale consiste à :
- ouvrir grands les volets exposés plein sud dès que le soleil brille ; les rayons infrarouges réchauffent alors gratuitement la pièce, un phénomène appelé chauffage passif ;
- refermer à la tombée de la nuit pour piéger la chaleur accumulée ;
- maintenir fermés les volets orientés nord ou soumis à un vent froid constant pour limiter les déperditions.
5. Comparatif des différents types de volets
Volets roulants
- Efficacité maximale : système quasi hermétique qui peut inclure une mousse isolante haute densité.
- Automatisation : certains modèles intégrant des capteurs se ferment seuls lorsque la température extérieure chute ou qu’un vent violent se lève.
- Réduction acoustique : jusqu’à 7 dB de gain phonique, idéal en zone urbaine.
Volets battants
- Authenticité : look traditionnel, particulièrement apprécié sur les façades anciennes.
- Performance modulable : le bois massif bien entretenu ou l’aluminium à rupture de pont thermique offrent un bon compromis entre esthétisme et protection.
- Entretien : graissage des gonds et traitement du bois tous les 3 à 5 ans pour garantir l’étanchéité.
6. Conseils pratiques pour optimiser vos volets
- Contrôle de l’étanchéité : inspectez joints, charnières et coulisses deux fois par an ; un jeu de 2 mm peut faire grimper la déperdition de 10 %.
- Aération raisonnée : 10 minutes d’ouverture quotidienne suffisent à renouveler l’air sans refroidir les murs.
- Choix des matériaux : PVC alvéolaire, aluminium doublé de mousse polyuréthane ou bois exotique densifié sont parmi les plus performants.
- Motorisation programmable : couplée à un thermostat d’ambiance, elle ferme automatiquement les volets lorsque la température intérieure atteint le seuil souhaité.
7. Retombées écologiques
Diminuer sa demande de chauffage, c’est émettre moins de CO₂ : pour chaque kilowatt-heure économisé, on évite environ 0,2 kg de CO₂ (gaz) ou 0,06 kg (électricité à faible contenu carbone). Sur 500 kWh préservés, cela représente jusqu’à 100 kg de CO₂, l’équivalent de 700 km parcourus en voiture citadine.
8. Conclusion : un geste simple, des bénéfices multiples
Fermer ses volets en journée lors des vagues de froid n’est pas qu’une habitude de grand-mère : c’est une action à l’efficacité prouvée pour renforcer l’isolation thermique, alléger la facture énergétique et prolonger la durée de vie des fenêtres. Associée à une aération contrôlée, à un bon choix de matériaux et à d’autres éco-gestes domestiques, cette pratique transforme votre logement en un cocon plus chaud, plus économique et plus respectueux de l’environnement. Une belle preuve qu’il suffit parfois d’un simple tour de manivelle pour faire la différence !